Quand la coopération sauve un chantier

ecodemeure construction bois niort

Dans le secteur du bâtiment, les imprévus peuvent rapidement compromettre la réussite d’un projet. Laurent Simon qui exerce son activité de constructeur bois au sein de notre Coopérative d’Activité et d’Emploi (CAE) sous le nom d’Ecodemeure, en est le témoin. Son expérience illustre parfaitement comment la solidarité entre coopérateurs a permis de surmonter un imprévu qui aurait pu mettre en péril son activité.

Un chantier en péril

En 2023, Laurent entreprend un chantier d’isolation thermique par l’extérieur (ITE) et de remplacement de menuiseries sur une maison d’habitation. Après avoir posé les nouvelles menuiseries et achevé l’isolation et le bardage d’une première façade, il entame la structure de la seconde. C’est à ce moment que des douleurs lombaires intenses apparaissent. Diagnostiquées comme une hernie discale, elles le contraignent à interrompre son activité en septembre 2023.

« J’ai été immobilisé à partir de mi-septembre. Je ne pouvais plus du tout me mouvoir. » confie Laurent. « Chaque semaine qui passait, je me disais que la semaine suivante ça irait mieux, mais le temps n’a pas joué en ma faveur. »

Cette situation met en péril le respect des délais, notamment pour l’obtention des aides financières liées au label RGE, dont la date limite est fixée à juillet 2024. Le client, inquiet, commence à exprimer ses préoccupations.

La mobilisation des coopérateurs

Face à cette situation critique, les membres de la coopérative se mobilisent pour soutenir Laurent et assurer la continuité du chantier. Jérôme Mardon, Baptiste Mareschal, Philippe Blanvillain et Guillaume Penin interviennent dès décembre 2023 pour achever le bardage de la deuxième façade.

« Mes collègues sont intervenus pour avancer sur le chantier. Ils ont coordonné les travaux, organisé les interventions nécessaires. » explique Laurent. « L’intervention de Yannick (gérant de Coop&Bat) a permis de rassurer le client. Ça a été un élément clé dans cette histoire. »

Philippe Blanvillain, voisin et collègue de Laurent, coordonne les opérations sur le terrain, assurant la liaison entre le client, les coopérateurs et Laurent, malgré son immobilisation.

En février 2024, une seconde équipe composée de Maud Arlettaz, Michal Lacko, Xavier Bribet, Thomas Millet, Guillaume et Philippe se charge de la troisième façade, réalisant la structure, l’isolation et le bardage.

« Ils ont pris en main le chantier de manière autonome, tout en me tenant informé des avancées. » se souvient Laurent. « Sans eux, le chantier n’aurait pas pu être terminé dans les temps. »

Cette intervention permet de respecter les délais impartis, et garantit au client l’accès aux aides financières prévues.

Les avantages du modèle coopératif

Cette expérience met en lumière les atouts du modèle coopératif dans le secteur du bâtiment. La flexibilité et la solidarité entre les membres permettent de pallier les imprévus, assurant la continuité des chantiers et la satisfaction des clients.

« Heureusement que j’étais au sein de la coopérative, sinon ça aurait été compliqué. » reconnaît Laurent. « Dans une entreprise classique, j’aurais probablement dû faire appel à une sous-traitance coûteuse, tout en gérant à distance les aspects administratifs malgré mon état de santé. »

Une reprise progressive

En juin 2024, Laurent, rétabli, reprend progressivement son activité. Il intervient pour les finitions du chantier, notamment la pose des volets et l’habillage des menuiseries.

« La machine est relancée. » dit-il avec optimisme. « Cette expérience a renforcé ma conviction sur les bienfaits du modèle coopératif. »

La coopération et la solidarité au sein de la CAE ont permis de transformer une situation délicate en un succès collectif, illustrant la force d’un modèle économique basé sur l’entraide et le partage des compétences.