Une maison bioclimatique en Dordogne

Architecte et maître d’œuvre de formation, Alaïs Portail exerce son activité au sein de Coop&Bât Périgord-Limousin sous l’enseigne KOALA Architecture. Il aspire à la réalisation de constructions durables et écologiques et développe des projets à faible consommation d’énergies en plaçant l’humain et la nature au centre de sa réflexion.

Le CAUE Dordogne qui conseille et informe particuliers et collectivités dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme et de l’énergie a récemment mis en lumière l’un projet de ses projets de construction dans sa catégorie Maison du mois : une maison bioclimatique sortie de terre en 2010 et dont les choix architecturaux et énergétiques sont plus que jamais d’actualité.

La yourte mongole pour inspiration

À la demande de sa cliente tombée sous le charme de la yourte traditionnelle, qui fait office d’habitat familial chez les nomades mongols, Alaïs conçoit une maison qui en reprend les principes. Adaptée pour une occupation sédentaire, offrant un confort maximal en été comme en hiver, cette demeure de 128m² se fond harmonieusement dans le paysage environnant.

Un espace circulaire de 10 mètres de diamètre, dépourvu de cloisons et de poteaux, héberge le salon et la cuisine. Un espace plus réduit est annexé au nord pour abriter chambres et salle de bains.

Une architecture bioclimatique

Une habitation écologique implique nécessairement une architecture bioclimatique. Cette approche ancestrale qui fait du soleil et de l’environnement des composants essentiels à la conception d’une maison ont guidé le travail de l’architecte. Inscrit dans la réglementation environnementale actuelle (RE 2020), le design bioclimatique qui optimise la performance et le confort des logements n’était pas encore la norme lors de la conception de ce projet.

“C’était un laboratoire expérimental au niveau des énergies renouvelables, des principes écologiques et des matériaux biosourcés” explique Alaïs. Puits canadien pour la ventilation, chauffage couplé bois-solaire, triple vitrage, toiture végétalisée, mur trombe, panneaux solaires, isolation en liège, dalle chaux-chanvre et plancher chauffant… Tout a été pensé pour minimiser la dépendance énergétique de la maison.

Profiter des ressources naturelles

La pièce centrale de l’habitation bénéficie d’une grande surface vitrée offrant un éclairage optimal et une vue panoramique à 180° sur les forêts avoisinantes. La plupart des fenêtres en bois sont fixes et dotées d’un triple vitrage. 

Des matériaux biosourcés

Les matériaux utilisés sont majoritairement biosourcés : structure en bois isolée avec de la laine de bois, du chanvre et de la fibre de bois pour les murs; des caissons en bois avec du liège compacté et de la fibre de bois pour le toit; une dalle en chaux/chanvre pour le sol (isolée en sous face par des panneaux épais de liège); un bardage  extérieur en mélèze et une charpente en douglas.

Une charpente en étoile

La remarquable charpente en étoile de style traditionnel soutient un toit végétalisé et, en son centre, un puits de lumière zénithal reflète l’aspiration à harmoniser la maison avec la nature environnante. “Cette ouverture qui pourrait apparaître comme une faiblesse thermique permet de gérer une ventilation naturelle efficace.” explique son concepteur.

Un puits canadien

La ventilation est assurée par un système de convection naturelle associé à un puits canadien : “été comme hiver, quelque soit la température extérieure, entre 1,5 et 2 m sous terre, la température du sol s’élève à 13°C. Le principe du puits canadien repose sur un conduit qui capte l’air à l’extérieur et l’achemine jusqu’à l’intérieur de la maison. En passant lentement sous terre, il est réchauffé l’hiver ou refroidi l’été pour délivrer un air plus chaud ou plus froid selon les saisons. S’il fait -5°C dehors, le puits canadien permet de gagner 18°C sans aucune dépense d’énergie”, car l’air arrive dans le volume de la maison à 13°C constamment.

Un mur Trombe

Trois sections de la façade sud sont occupées par un mur Trombe, qui capte et stocke la chaleur du soleil pour chauffer la maison passivement durant l’hiver. “Ce mur se compose d’un vitrage simple qui capte le rayonnement solaire, d’une lame d’air et d’une masse (ici un mur en pisé). Les rayons solaires traversent la vitre afin d’être absorbés par le mur. La masse d’air chaud se charge l’hiver grâce au rayonnement solaire. Le mur se réchauffe et restitue cette chaleur la nuit à l’intérieur de la maison. En été, le système prévoit une ouverture de la lame d’air et un système de parclose amovible pour occulter le rayonnement solaire. Par ailleurs, nous avons pensé l’orientation pour que la végétation environnante minimise l’impact du soleil l’été.”

Ici, le mur est conçu à partir de plusieurs strates de terre de diverses teintes, compressées suivant la méthode du pisé.

Un chauffage mixte

Les besoins complémentaires de chauffage sont satisfaits grâce à la combinaison d’un insert bouilleur à bois et de panneaux solaires thermiques qui alimentent un plancher chauffant ainsi que le système d’eau chaude sanitaire.

Depuis sa création, grâce à sa conception et à ses équipements, cette maison assure un confort optimal à ses occupants quelque soit la saison.


Alaïs Portail & Coop&Bat

J’ai fait le choix de Coop&bat pour inscrire mon activité dans la logique de la coopération avec d’autres entrepreneurs de la CAE. L’idée pour moi consiste à réunir nos forces et nos moyens pour répondre à la demande croissante d’une clientèle qui exprime son souhait d’un habitat plus responsable.”